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"Il fait 12 degrés, et c'est nuageux !", lance spontanément un passant, les yeux rivés sur son application mobile Météo-France, laquelle a reçu 750 millions de visites en 2023. "Quelques fois il y a des petits bugs. Pendant cinq minutes, il pleut et ce n'était pas prévu. Et d'autres fois il ne pleut pas alors qu'on avait prévu de la pluie...", remarque une autre passante interrogée dans le reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article.
La plateforme a également annoncé près de 30°C en plein mois de décembre à Strasbourg, et à l'inverse, n'a pas évoqué de neige à Bordeaux en janvier alors que la ville était entièrement blanche... Plus étonnant encore, le 17 janvier en Picardie, une vigilance orange neige est contredite par l'application de Météo-France, qui annonce seulement quelques flocons.
Ces indications erronées se sont glissées dans les prévisions Météo-France ces derniers mois, poussant les syndicats de l'organisme à déposer un nouveau préavis de grève jusqu’au 5 mars. À mesure que les couacs se succèdent, les météorologues s’interrogent en effet sur la fiabilité du nouveau système mis en place le 13 novembre dernier par la direction de l'agence météo. Son nom : "3P", pour Programme Prévision Production.
Grâce à l’outil Alpha, il permet de générer des prévisions automatiques, qui alimentent directement le site et l’application Météo-France. Ces données étaient auparavant publiées après la vérification d'un prévisionniste inter-région dans l’un des sept bureaux que compte l’organisme. Désormais, une seule personne, basée à Toulouse, rectifie les prévisions d’Alpha.
"On se retrouve aujourd'hui en France avec une météo à deux vitesses, c'est-à-dire une météo à la qualité parfois bien dégradée pour le grand public et pour certains clients qui ne paieraient pas très cher. C'est tout simplement le fruit de cet algorithme automatique", analyse le prévisionniste Steven Testelin, interrogé dans le reportage ci-dessus.
Les syndicats pointent également la "baisse vertigineuse des effectifs". Ces quinze dernières années, Météo-France a perdu près d’un tiers de son personnel. Comme le souligne l’Institute for Climate Economics, l’organisme est celui qui a subi le plus de coupes dans ses effectifs, entre 2014 et 2022, parmi les opérateurs contribuant à l’adaptation au changement climatique (voir graphique ci-dessous).
Une illustration d'enjeux clés associés aux moyens pour l'action d'adaptation pic.twitter.com/ZXIkvWMXQW — Dr Valérie Masson-Delmotte @valmasdel.bsky.social (@valmasdel) June 29, 2022
"Ces principaux bugs ont été corrigés. Nous continuons à faire évoluer et à améliorer l'outil", a réagi l'agence météorologique. Le passage en vigilance relève en revanche toujours de l’expertise d’un prévisionniste. Cela n'a pas empêché des erreurs, notamment en août 2022, lors d'un orage violent mal anticipé en Corse, ou plus récemment, lors des épisodes de neige en Île-de-France début janvier.
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